SONAR-GPS
Les différentes technologies pour le pêcheur
À moins que vous ayez vécu dans une grotte la majeure partie de votre vie, vous avez sûrement remarqué à quel point l’évolution fût marquante au niveau de l’électronique marine. C’est fou comment les sonars-GPS ont évolué depuis leur arrivée sur le marché. On est passé d’une définition qui ressemblait à des gratte-ciels, à une image dont la qualité de définition est telle qu’on dirait souvent une photo d’un fond marin en HD, prise par un plongeur. Les GPS peuvent avoir maintenant une précision de 1 à 3 pi de marge d’erreur, nous pouvons créer nos propres cartes bathymétriques, et plus récemment avec l’arrivée des technologies «Live», il est même possible de voir en temps réel sur votre écran de sonar, les poissons interagir dans l’eau. N’est-ce pas merveilleux!
Comme dirait une personne que j’ai rencontrée au dernier Salon Chasse-Pêche : «on dirait de la triche, les poissons n’ont aucune chance avec ces machines-là». Elle n’a pas totalement tort, mais bon, ce n’est pas parce qu’on les voit, qu’ils sont plus faciles à prendre pour autant! N’empêche, l’électronique marine, demeure selon mon point de vue, l’outil le plus efficace que les amateurs de pêche sportive ont à leur disposition. En sachant bien utiliser leurs sonars-GPS, ils peuvent avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe sous l’eau, et du coup, devenir de meilleurs pêcheurs.
Oui, c’est vrai, vous pouvez faire des belles pêches sans avoir recours à l’électronique moderne. Mais comme je dis souvent à mes clients, c’est possible aussi de bâtir une maison avec un marteau et une égoïne. Cependant, vous arriverez au résultat final beaucoup plus rapidement en utilisant des outils plus performants comme des «gun à clous» et des «skill saw». Aujourd’hui, la technologie est là, et elle peut grandement aider les pêcheurs à rendre leur temps sur l’eau plus performant. Peut-être que pour vous, qui n’êtes pas un guide ou pêcheur de tournoi, la notion de performance n’est pas la priorité. Mais comme la majorité des gens, le temps vous manque probablement pour pratiquer votre activité favorite. Les différentes technologies en électronique marine qui existent, peuvent vous aider à mieux comprendre ce qui se passe sous l’eau, et vous faire sauver un temps fou. Vous êtes un bon pêcheur qui se sert très peu du sonar-GPS? Vous allez juste être meilleur si vous savez mieux vous en servir. Alors pourquoi vous en priver!
Les différentes technologies au service du pêcheur
Aller dans les détails pour chacune des technologies serait trop long. Pour chacune des technologies disponibles, je pourrais écrire plusieurs pages et je n’aurais pas fait le tour de la question, je vais donc essayer de m’en tenir à l’essentiel. Alors, laissez-moi vous expliquer de quelle façon je me sers des différentes technologies que j’utilise dans mon bateau : le sonar traditionnel, le DownView, les SideView, le Panoptix, le Livescope et pour finir, le Quickdraw.
Le Sonar traditionnel
À la base, j’ai toujours mon écran principal en écran partagé : sonar traditionnel et GPS. Pourquoi? Parce que je veux savoir en tout temps la profondeur qu’il y a en dessous de mon embarcation et savoir aussi où je me trouve précisément sur le plan d’eau (GPS). Même si on pourrait être porté à croire que le sonar traditionnel est désuet si on compare aux dernières technologies «Live», sachez que votre sonar traditionnel est l’outil le plus performant pour vous montrer où sont situés les poissons dans la colonne d’eau. Cette efficacité est notamment due au fait que par son principe de fonctionnement, ce type de sondeur affichera à l’écran tous les retours d’échos plus grands que nature, comparé par exemple au Downview qui lui vous le montre à l’échelle. Oui, cette représentation plus grande que la normale apparaîtra sous formes d’arches plutôt grossiers, mais c’est plus facile au premier coup d’œil de savoir précisément la profondeur à laquelle se trouve le poisson. Aussi, le sonar traditionnel demeure la technologie la plus efficace, grâce à la ligne de fond, pour reconnaître un substrat dure d’un fond mou, plus précisément quand on passe du sable à un fond de sédiments.
Jigs
Jigs
Jigs
Jigs
Grises
Grises
Jigs
Jigs
Jigs
Grises
Le mode Panoptix à gauche permet de voir clairement 4 jigs qui descendent (trainées roses) dans la colonne d’eau alors que le mode traditionnel à droite permet de voir quelques grises collées au fond. Des poissons complètement invisibles en Panoptix.
Pour la pêche à la jig en profondeur, le sonar traditionnel représente un avantage certain pour cibler les poissons collés au fond. À ce sujet, les sondes CHIRP aident beaucoup à séparer du fond, les objets collés à celui-ci. Il est important de savoir que plus la fréquence est élevée, plus le faisceau de la sonde sera étroit. On couvre moins large avec une fréquence élevée mais on gagnera en profondeur. Pour une profondeur de 30 pi, on couvre un diamètre d’environ 10 pi au fond. Évidemment cela change selon la fréquence utilisée, mais pour le côté pratique nous allons en rester là. Si vous voulez voir votre jig à l’écran, vous devez jigger en dessous de la sonde et éviter que votre ligne ne soit trop en angle.
Pour la pêche au downrigger, le sonar traditionnel est très pratique. On peut séparer la page sonar pour voir une partie qui montre la colonne d’eau au complet, et l’autre la partie zoomée dans laquelle vous verrez plus précisément votre zone de pêche au niveau de votre boulet. Il y a de fortes chances que vous ayez de la difficulté à voir le boulet le plus éloigné de la sonde. C’est normal, si vous être trop en surface, le boulet ne sera pas capté par le faisceau de la sonde.
Le DownView
Le DownView, je m’en sers presqu’exclusivement pour m’aider à mieux interpréter ce que je vois sur mon sonar traditionnel. Exemple, si je vois quelque chose qui ressemble à une boule de poissons-appâts collée au fond sur mon traditionnel, je vais voir aussitôt via une touche d’accès rapide, pour m’assurer que ce n’est pas un arbre couché au fond. En effet il peut être assez facile de confondre un arbre tombé au fond avec une masse de petits poissons fourrages. Cette technologie est aussi vraiment efficace pour démontrer toutes les sinuosités du fond de façon très précise.
Premièrement, quand le SideView affiche une boule de poissons fourrages «baits», il est en mesure de vous montrer de quel côté du bateau est la concentration. Vous pouvez même voir celles qui sont plus éloignées que vous ne pouvez pas apercevoir avec votre sonar traditionnel. Là où ça devient encore plus intéressant, c’est que vous pouvez aller mettre un waypoint à l’aide de votre curseur. Ce point de repère apparaîtra sur votre page carte et vous pourrez passer au-dessus lors de votre prochaine passe de traîne ou de lancer. Vous êtes sur le «bait», vous êtes sur le «fish»!
Banc d'éperlans
Ouananiche
A
Banc d'éperlans
Ouananiche
B
Sur l’image A en affichage traditionnel, il semble y avoir un banc de poissons fourrage et au-dessus un poisson prédateur qui remonte près de la surface pour saisir un leurre. En B l’affichage DownView confirme le tout plus clairement. En C la fameuse ouananiche qui a saisi le leurre…
C
Pour une question pratique, on peut dire que la sonde couvre la moitié de la profondeur en diamètre. Exemple: à 40 pi de profond, on couvre environ 20 pi au fond. Ça explique notamment pourquoi on n’aura pas tout à fait la même image en sondeur traditionnel qu’en DownView quand on est sur une structure en pente et que l’on compare les deux vues.
Banc d'éperlans
Souches
A
Banc d'éperlans
Souches
Souches
Souches
B
Autre exemple au niveau de la précision d’affichage entre le mode traditionnel (A) et le mode DownView (B). En traditionnel on distingue mal le banc d’éperlans au centre alors qu’il est très clair en DownView. En traditionnel il semble aussi y avoir des poissons sur le plateau à gauche, alors qu’il s’agit en fait de souches et de troncs d’arbres (voir B).
Tronc d'arbre
Tronc d'arbre
Tronc d'arbre
Ouitouches
ou perchaudes
Autre belle illustration de la précision d’image obtenue avec l’affichage DownView. Complètement à gauche à faible profondeur un banc de petits poissons (probablement de la perchaude ou de la ouitouche) et du milieu vers la droite des troncs d’arbres morts.
Maskinongé en chasse
Banc ce poissons fourrage «bait»
A
B
Sur cette affichage DownView (A), on voit bien un maskinongé positionné sous un banc de poissons fourrages. En B le résultat : un beau maski qui n’a pu résister au leurre que le client de l’auteur lui a fait passer au bout du nez…
Le SideView
Je vous ai mentionné plus haut que j’ai un écran dédié pour mon sonar traditionnel et GPS, mais sachez que j’ai aussi un 2e écran dédié uniquement pour le SideView. Pourquoi? Parce que j’accorde beaucoup d’importance à cette autre technologie. Contrairement au sonar traditionnel et au DownView qui me limite à «voir» seulement en-dessous du bateau, le SideView me permet de voir de chaque côté de mon embarcation. J’avoue qu’au départ, il faut se faire l’œil. Le SideView est probablement la technologie que les gens ont le plus de difficulté à comprendre. En contrepartie, c’est un outil très pratique pour plein d’applications.
Touffe d'herbiers
Touffe d'herbiers
Ombrage derrière l'herbier, indique qu'il remonte vers la surface
Banc de dorés
Substrat raboteux parsemé de petites roches
Substrat sableux (plus lisse)
Touffe d'herbiers
Ombrage
derrière
l'herbier,
indique
qu'il remonte
vers la
surface
Banc de dorés
Substrat sableux
(plus lisse)
Bien que plus difficile à déchiffrer, le SideView permet de voir de chaque côtés de l’embarcation. Sur l’affichage ci-dessus on peut voir un banc de dorés à gauche près d’herbiers et d’une zone de transition entre un substrat de petites roches et de sable.
Premièrement, quand le SideView affiche une boule de poissons fourrages «baits», il est en mesure de vous montrer de quel côté du bateau est la concentration. Vous pouvez même voir celles qui sont plus éloignées que vous ne pouvez pas apercevoir avec votre sonar traditionnel. Là où ça devient encore plus intéressant, c’est que vous pouvez aller mettre un waypoint à l’aide de votre curseur. Ce point de repère apparaîtra sur votre page carte et vous pourrez passer au-dessus lors de votre prochaine passe de traîne ou de lancer. Vous êtes sur le «bait», vous êtes sur le «fish»!
Maskinongé
L'ombrage
à bonne distance
du poisson indique
qu'il est en haut
dans la colonne d'eau
Sur cet affichage SideView, on peut voir un maskinongé. L’ombre très éloigné du poisson indique que ce dernier se trouve haut dans la colonne d’eau.
Pour les pêcheurs de structures, à l’instar d’une boule de petits poissons il peut s’agir d’un récif rocheux sur lequel il y a des achigans et des dorés. Même chose, vous pouvez marquer les points surélevés de la structure ou en marquer le contour selon l’approche priorisée. À l’aide de waypoints, sans même devoir passer sur la structure, vous aurez marqué un secteur de pêche très prometteur avec différents types d’icônes: roches, arbre, herbiers, etc. Pour une question de sécurité, c’est même très pratique de se servir du SideView pour marquer des récifs dangereux sans avoir à passer au-dessus. Pour les gens qui pêchent sur les réservoirs, c’est dans votre intérêt de marquer les souches. Peut-être qu’aujourd’hui elles ne représentent aucun danger, mais si vous revenez et que le niveau d’eau du réservoir est plus bas, vous serez content de ne pas naviguer en aveugle au travers d’objets qui pourraient endommager sérieusement votre embarcation.
Souches
Souches
Zone de
transition
Sable ou gravier
Roches
Souches
Zone de
transition
Sable ou gravier
Roches
L’affichage SideView est aussi bien pratique pour déterminer la nature du substrat de part et d’autre de l’embarcation afin de pouvoir cibler les très productives zones de transition. Sur l’image ci-dessus du côté gauche on remarque quelques souches alors que du côté droit on aperçoit une belle zone de transition entre le sable et les roches.
Je ne suis pas un pêcheur d’achigan, mais je ne compte plus le nombre de fois où je faisais de la pêche à la traîne le long de talus ou de structures « countour trolling » au musky et que je voyais des achigans éparpillés sur le plateau «flat» de sable à plus faible profondeur. Jamais je n’aurais su qu’il y avait du poisson là sans mon SideView. Une fois repéré, vous n’avez qu’à vous rendre à une distance de lancer du waypoint que vous aurez au préalable laissé et boom, fish-on! Grâce à votre SideView, vous n’avez pas effrayé les poissons en vous approchant trop près d’eux. Vous revenez le lendemain et ils ne sont pas là? Pas de temps à perdre, on passe à autre chose. La même tactique s’applique aux dorés qui collent les lignes d’herbes. En fait, la même approche peut s’appliquer peu importe le type de structure.
Roches
Ombrage long
indiquant qu'une
portion de l'épave
s'élève vers la surface
Épave
Partie plus haute de l'épave, donne de l'ombrage
Roches
Ombrage long
indiquant qu'une
portion de l'épave
s'élève vers la surface
Partie plus haute
de l'épave, donne
de l'ombrage
Une épave captée par l’auteur grâce à son affichage SideView. L’ombrage long derrière celle-ci indique qu’une portion de l’épave remonte vers la surface.
Oui, les poissons sont plus difficiles à voir sur le SideView qu’avec un sonar traditionnel. Mais quand on s’en sert de la bonne façon, cette technologie est un outil redoutable. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de marquer un maskinongé sur le SideView, de mettre un point de repère, de refaire la passe sur celui-ci, et de le capturer. C’est vraiment plaisant quand ça arrive. À chaque fois, les clients n’en reviennent tout simplement pas à quel point le bon usage de l’électronique marine peut s’avérer efficace et productif. Selon le type de sonde utilisé, vous devriez être en mesure de voir clairement jusqu’à 3 à 4 fois votre profondeur et ce, de chaque côté du bateau.
Interférence du pied
de moteur avec la sonde.
Ombrage du
poisson indique
qu'il est décollé
du fond
Maskinongé
Herbiers
Herbiers
Maskinongé à l’affût entre deux zones d’herbiers détecté grâce à l’affichage SideView.
Le Panoptix
Pour les besoins de la cause et pour rendre ça plus simple, on peut dire que le Panoptix est la version «Live» du sonar traditionnel et que le Livescope est la version «Live» du DownView. Au même titre que le sonar traditionnel, le Panoptix vous montrera des retours d’échos plus grossiers mais il en sera plus facile d’en faire la visualisation au premier coup d’œil. Exception faite du LVS62, le Panoptix est plus efficace en profondeur que le Livescope.
Banc d'éperlans
Truites grises
Truites grises
Truites grises
Jig qui descend vers quelques truites grises
Banc d'éperlans
Truites grises
Truites grises
Jig qui descend vers quelques truites grises
Sur cet affichage en mode Panoptix, on peut voir une jig descendre vers quelques truites grises, elles-mêmes se trouvant au-dessus d’un banc d’éperlans.
Pour les poissons de structure, j’utilise mon écran dédié au SideView. Cependant, pour ma pêche aux poissons de suspension, j’utilise ce même écran, mais pour mon Panoptix. Dès que cette technologie est arrivée sur le marché, j’ai tout de suite vu l’avantage qu’elle pouvait avoir pour ma pêche à la truite grise à la jig. C’est tellement plus facile de se voir à l’écran au Panoptix qu’avec un sonar traditionnel. Ce qui est à gauche du bateau apparaît à gauche de l’écran et ce qui est à droite apparaît à droite. Fini le grand nombre de lignes qui apparaissent au sonar traditionnel sans qu’on sache trop qui est qui. De plus, le Panoptix rend l’expérience beaucoup plus agréable et interactive. C’est vraiment cool la pêche à la jig au Panoptix. Mais comme rien n’est parfait, à cause de sa très grande couverture latérale, on perd de la précision quand on pêche près du fond. Pour les poissons collés au substrat, le sonar traditionnel demeure un atout.
La deuxième application où l’utilisation du Panoptix se démarque, est pour la pêche au downrigger. Cette technologie a complètement changé ma perception de la pêche au downrigger. Premièrement, on a l’avantage de voir tout de suite laquelle des deux présentations attire plus l’attention. Si le boulet de droite attire des poissons et pas celui de gauche, on modifie la présentation de gauche sans attendre avec quelque chose qui ressemble à celle de droite, mais avec un changement de vibration ou de la couleur du leurre. Au sonar traditionnel, on ne voit que le poisson qui arrive d’en dessous du bateau et bien souvent c’est impossible de savoir s’il s’agissait d’un poisson en mouvement (actif) ou bien un poisson immobile (passif). On voit des poissons monter au boulet en sonar traditionnel, mais ce n’est qu’une fraction minime de ceux qu’on voit au Panoptix.
Le Livescope
A
Ajoutez le texte de votre infobulle ici
B
Ajoutez le texte de votre infobulle ici
A : exemple du faisceau d’une sonde Livescope en mode Downview (sous le bateau) et B en mode Forward (vers l’avant du bateau). Il existe aussi un mode perspective qui sonde loin devant le bateau (habituellement à faible profondeur), mais l’auteur ne l’a pas encore mis à l’essai.
Ah le fameux Livescope! Pour certains, c’est le Saint-Graal des technologies sonars, pour d’autres, ils auraient souhaité que cette technologie n’existe jamais. Ce qui est certain, c’est que personne ne peut rester indifférent. Quand on parle du summum de l’évolution au niveau sonar, le Livescope arrive en tête de liste. Pourquoi? Parce que cette technologie représente les dernières avancées du Live Imaging dans le domaine de l’électronique marine, et que cette dernière est d’une efficacité redoutable pour cibler des poissons. Le Livescope, c’est LE «game changer» dans l’évolution de la pêche sportive.
Maskinongé «filmé» en mode Livescope par l’auteur. On voit clairement le poisson qui suit le leurre sans l’attaquer.
Oui, nous sommes rendu-là! On peut maintenant voir en temps réel ce qui se passe sous l’eau, et ce, avec une définition qui représente fidèlement le monde sous-marin. C’est tellement précis, que l’on peut savoir au premier coup d’œil, de quelle espèce il s’agit, et de quelle grosseur est le poisson. Aujourd’hui, si vous êtes un pêcheur de tournoi, et que vous n’avez pas un FFS (Face Forward Sonar), vous n’êtes pas dans la «game», et vous serez incapable de rivaliser avec ceux qui ont cette technologie dans leur bateau. C’est la nouvelle réalité des pêcheurs de tournoi. Cette technologie a un impact tellement important dans le monde du tournoi aux États-Unis, que cela soulève maintenant beaucoup de controverse, à savoir, si l’on devrait ou pas limiter son utilisation lors d’évènements majeurs tels que le Bass Master et autres compétitions..
Alors, si, grâce à leur meilleure maîtrise de la technologie des sonars FFS, des pêcheurs moins expérimentés ont réussi à détrôner certaines légendes de la pêche à l’achigan chez nos voisins du sud, cela peut certainement vous aider vous, à faire des meilleures pêches. Comment? Pas compliqué. Premièrement, si le poisson n’est pas là, tu ne perds pas ton temps à pêcher des fantômes, tu vas ailleurs. Avec cette technologie, le temps où l’on pêchait une structure sans savoir si le poisson était là ou pas, est révolu. Deuxièmement, comme on voit à l’écran le poisson réagir, il est plus facile de s’adapter en fonction de son humeur. Oui, à faible profondeur, il est vrai que les pêcheurs n’ont pas besoin de voir les poissons à l’écran, ils pêchent à vue. Cependant, quand vous voyez les poissons, ils vous voient aussi et il y a de fortes chances que ça affecte négativement leur niveau d’activité. C’est là que les gars qui pêchent au sonar arrivent à se démarquer. Ils peuvent rester à distance, ou bien ils peuvent cibler des poissons plus en profondeur, qui sont moins affectés par la présence du pêcheur et ainsi, répondre de façon plus positive à une présentation quelconque.
Évidemment, nous allons voir de plus en plus de pêcheurs qui ont l’air plus de jouer à un jeu vidéo que de pêcher, mais bon il faut voir aussi les bons côtés. Peut-être que ça va inciter davantage de jeunes à s’initier à la pêche sportive. Pour les plus jeunes qui ont grandi avec les yeux rivés sur leur cellulaire, cette réalité de pêche techno n’est pas si loin de la leur.
On va sûrement aussi voir de plus en plus de pêcheurs qui jouent au jeu du chat et de la souris. C’est qu’à maintenir son attention à cibler des poissons individuels, il est facile de tomber dans le panneau, d’arrêter de voir les choses de façon plus globale et d’avoir une vision en tunnel. Au fil du temps, au lieu d’avoir des pêcheurs (à l’ancienne) qui mettent beaucoup de temps de prospection, étudient les mouvements saisonniers des poissons, trouvent des patterns et qui essaient de s’adapter selon les conditions etc., on va voir apparaître une nouvelle génération de pêcheur qui peut-être n’auront pas autant de connaissances que les «anciens», mais qui seront des pêcheurs de finesse redoutables. De plus, s’il y a une chose que le Livescope fait tomber, c’est cette dernière barrière concernant les poissons de suspension. Une multitude de poissons vivent dans cet environnement, et très peu sont ciblés par les pêcheurs. La pêche de finesse au Livescope est une tactique extrêmement efficace.
Maintenant, à vous de juger si pêcher au Livescope fait de vous un tricheur. Est-ce que les applications de caméras de surveillance qui envoient des images sur les cellulaires en temps réel font en sorte que ceux qui les utilisent ne sont pas des vrais chasseurs? Encore une fois, à vous de juger. De mon côté, c’est un outil de plus qui m’aide à mieux comprendre, à être plus efficace à plein de niveaux. Contrairement au Panoptix que j’ai utilisé dès son arrivée sur le marché, ce n’est que depuis l’année dernière que j’utilise le Livescope et je n’ai qu’un seul regret, c’est de ne pas l’avoir installé dans mon bateau avant!
Le Quickdraw Contour
J’aurais pu finir avec le Livescope tellement cette technologie a changé le monde de la pêche, mais non, je finis ça avec le Quickdraw. En effet, s’il y a un aspect que les pêcheurs semblent négliger, c’est bien l’importance d’avoir une bathymétrie précise. C’est vrai que les cartes disponibles sont de plus en plus précises, mais la réalité, c’est qu’elles ne le seront jamais autant que celles que vous allez créer par vous-même.
Sur l’image ci-dessus, l’auteur est en train de préciser la bathymétrie d’une carte déjà existante en passant à plusieurs reprises avec son embarcation dans les secteurs propices. Où il n’y a pas de ligne, il n’a pas encore passé. Pour les besoins de la cause et pour une meilleure compréhension, dans les paramètres de l’appareil il avait enlevé les courbes bathymétriques de la carte existante. Mais c’est possible aussi de laisser la bathymétrie de la carte existante quand on fait du Quickdraw. À ce moment, il y a aussi des lignes de profondeurs là où on n’a pas passé. Et plus on effectue de passages, plus la carte se précisera.
J’irai même encore plus loin. N’en déplaise aux fans finis du Livescope, je considère que le Quickdraw est l’invention la plus importante dans le domaine de la pêche sportive, depuis celle du sonar et du GPS. Les sonars étaient devenus très performants, les GPS aussi, depuis que l’armée a enlevé la marge d’erreur, mais au niveau des cartes bathymétriques, il y avait un gros manque à ce niveau.
Puis quelques compagnies ont réussi à mettre au point certaines cartes grâce aux données des utilisateurs, mais honnêtement je trouvais assez ordinaire la façon de faire. Le problème c’est qu’il était impossible d’utiliser sur le moment les données recueillies pour en faire notre carte. On devait tout d’abord envoyer les données par Internet, et on nous les retournait reformatées pour que l’on puisse s’en servir dans nos appareils. On était en quelque sorte pris en otage. Pensez au gars qui est dans le nord, pas de réseau et qu’il passe la semaine sur un nouveau lac dont la bathymétrie n’est pas précise ou tout simplement pas faite. Ce n’est qu’à son retour à la maison qu’il pouvait finalement s’en servir, pas très pratique…
Heureusement, Garmin est arrivé avec son Quickdraw, qui nous permet depuis ce jour, de créer sa carte au fur à mesure que l’on pêche. Pour vrai, pour un gars qui comme moi, corrigeait les cartes existantes en rajoutant des waypoints, ce fût le paradis sur terre. Enfin des cartes ultra précises! Si vous faites de la pêche de poisson de structures tels que dorés, achigan, maskinongé, truite mouchetée, etc., et que vous ne vous servez pas du Quickdraw, excusez-moi de vous dire ça, mais il vous manque un outil essentiel pour votre pêche. Oui, les cartes sont beaucoup plus précises qu’elles ne l’ont jamais été, mais elles sont loin de représenter fidèlement la réalité. Et si vous pêchez sur le Fleuve Saint-Laurent ou tout autre cours d’eau qui possède un courant, c’est encore pire. À chaque année le fond se modifie légèrement.
Le Quickdraw Contour, permet de créer vos propres cartes bathymétriques d’une grande précision et ce même pour les lacs n’ayant jamais été cartographiés.
Si vous ne corrigez pas vos cartes, vous n’êtes pas précis dans votre approche. Si vous n’êtes pas précis dans votre approche, il vous est alors impossible de bien positionner le bateau dans le but de placer le leurre au bon endroit. C’est valable autant pour la pêche au lancer que pour la traîne. Et quand on parle de carte précise, c’est la base.
De plus, en utilisant votre Quickdraw lors de vos sorties de pêche, vous découvrirez une multitude de spots qui n’apparaissent pas sur les cartes. Des secteurs à l’abri de la pression de pêche et qui sont remplis de poissons qui n’ont pas vu de leurres passer étant donné qu’ils passent inaperçus.
Portion de carte bathymétrique améliorée par la fonction Quickdraw Contours d’un appareil Sonar-GPS Garmin.
Le mot de la fin
Au final, vous avez le choix : utiliser la technologie ou pas. Vous pouvez fonctionner avec les technologies de base (sonar-GPS) ou investir un peu plus pour une sonde Side-View plus performante. Vous pouvez aussi investir d’avantages dans les dernières technologies de Live-View (Panoptix, Livescope, etc) si vous avez plus de budget. Et même si c’est vrai qu’il n’est pas nécessaire d’avoir à bord de votre bateau, les dernières technologies les plus avancées pour avoir du plaisir, si votre intention est de devenir un meilleur pêcheur, je peux vous assurer que d’investir dans l’électronique performant vous fera progresser à la vitesse grand V… À condition bien sûr de savoir la maîtriser!



