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Édition avril 2024

CHRONIQUE

100% PÊCHE

Par
Richard Monfette

La truite mouchetée est définitivement le poisson le plus populaire au Québec. Sa robe aux coloris magnifiques, sa combativité, son goût raffiné dans l’assiette, son corps dénués d’épines et sa distribution à la grandeur de la province expliquent en grande partie pourquoi l’omble de fontaine, de son vrai nom, représente l’espèce chérie des Québécois.

Bien qu’en adaptant ses techniques de pêche on puisse prendre de la mouchetée durant toute la saison, il n’en demeure pas moins que la période printanière est particulièrement propice à la capture de ce poisson d’eau relativement froide. Voici donc quelques conseils pour prendre de la mouchetée au début du printemps et plus tard lorsque l’eau s’est réchauffée. 

DÉBUT DU PRINTEMPS-CONDITIONS D’EAU TRÈS FROIDE

Une belle truite capturée alors que la glace venait à peine de disparaître de la surface du lac.

Lorsque l’eau est très froide au printemps il faut respecter quelques règles de base pour augmenter ses chances de connaître du succès. En voici quelques-unes:

S’assurer que le leurre demeure en contact avec le fond

Lorsque l’eau est glaciale au printemps, on a beaucoup plus de chance de retrouver les truites le ventre collé dans la vase au fond du lac. En effet l’eau de surface étant très froide celle se trouvant au fond sera souvent légèrement plus chaude ce qui incitent les truites à demeurer à proximité de celui-ci. Évidemment si un beau soleil sort en après-midi ses rayons réchaufferont la surface de l’eau et à ce moment les truites se dirigeront souvent à faible profondeur près des rives pour se dégourdir un peu dans cette eau plus chaude. Il faut donc s’adapter à la météo.

Pêcher lentement et faire des pauses

Les poissons étant des créatures à sang froid (leur température interne varie en fonction de leur environnement), leur niveau d’activité varie énormément en fonction de la température de l’eau et particulièrement au printemps. En condition d’eau très froide on comprend donc que les truites sont très engourdies et se déplacent beaucoup plus lentement que lorsque l’eau est plus chaude. Ainsi dans ces conditions, il faut adapter notre technique de pêche à la situation et lancer et récupérer notre leurre très très lentement en faisant plusieurs pauses pour que notre appâts demeure immobile sur le fond pendant quelques secondes avant de reprendre doucement sa progression. Si on déplace le leurre trop rapidement on découragera les poissons à l’attaquer et les touches se feront rares.

Essayer différentes profondeurs

Comme mentionné précédemment, les truites se tiennent habituellement près du fond lorsque l’eau est glaciale. Mais à quelle profondeur devons-nous faire descendre notre leurre? Malheureusement on ne peut répondre simplement à cette question. Quelques jours après le départ des glaces les truites se retrouvent rarement à grande ou à très faible profondeur. Je commence souvent à pêcher très lentement dans une dizaine de pieds de profondeur, tout en lançant aussi mes leurres vers la rive et vers le large pour explorer aussi les zones moins profondes et plus profondes du lac. Lorsqu’on a une touche, on note bien l’endroit et on concentre nos efforts dans le secteur. Au printemps en eau très froide trouver la bonne profondeur est souvent la clef du succès.

En condition d’eau très froide il est avantageux d’essayer de pêcher à différentes profondeurs afin de découvrir où se tiennent davantage les truites.

Être patient

Évidemment qui dit eau froide et poisson engourdi, dit également pêche plus difficile. La patience du pêcheur est donc un atout important. Même en eau très froide les truites peuvent connaître de courtes périodes d’activité et si à ce moment on est plus sur le lac on manquera une belle occasion de faire quelques belles captures. Et cette patience en vaut d’autant plus la peine que la taille des prises est souvent surprenante en eau froide.

MILIEU DU PRINTEMPS-CONDITIONS D’EAU FRAîCHE

Une mouchetée combative capturée alors que la température de l’eau du lac s’approchait de sa zone de confort.

Lorsque l’eau s’est réchauffée au printemps il faut aussi respecter certaines règles de base, mais qui sont complètement différentes que pour le tout début de saison:

Faire passer son leurre à 1 ou 2 m au-dessus du fond

Contrairement aux conditions d’eau glaciale, lorsque l’eau approche la température préférentielle de la mouchetée (température préférée aux alentours de 14°C), il n’est pas nécessaire de faire passer son leurre à très courte distance du fond. En effet les truites sont alors actives et prêtes à chasser activement leurs proies et même parfois parcourir une bonne distance pour les attraper. Dans ces conditions il est alors plus efficace de faire évoluer le leurre plus haut dans la colonne d’eau pour que davantage de poissons voient le leurre sur une bonne distance et passent à l’attaque.

Varier la vitesse du leurre

Si en eau glaciale il faut pêcher lentement, c’est très rarement le cas dans une eau à la température idéale pour les truites. Dans la très grande majorité des cas, on aura beaucoup de succès en traînant ou en récupérant notre leurre à bonne vitesse car les truites sont alors agressives et affamées. En effet elles seront dans ce cas beaucoup plus excitées par un leurre qui bouge rapidement pour leur échapper, que par un leurre qui fait du surplace. Mais comme la vie n’est jamais simple… même lorsque les conditions sont parfaites il arrive quand même qu’on tombe sur des périodes où les truites sont moins mordeuses et dans ces conditions il faut alors ralentir la cadence jusqu’à trouver l’allure qui convient aux truites boudeuses. Ce qui peut aller dans le pire des cas jusqu’à devoir laisser tomber un ver de terre sur le fond et attendre qu’une truite daigne s’en emparer… Encore une fois c’est la capacité du pêcheur à savoir s’adapter qui augmente son succès.

Lorsque les truites sont actives et que l’eau du lac n’est plus glaciale on peut accélérer notre vitesse de pêche à la traîne.

Utiliser des cuillères légères avec une action de faible amplitude

Pour pouvoir pêcher à bonne vitesse, on doit évidemment adapter les leurres que l’on utilise. Une traîne rapide avec une grosse cuillère ondulante à large profil (comme une Lake Clear Wabbler) conçue pour pêcher lentement, résultera inévitablement en un fil complètement vrillé à courte échéance. Pour traîner rapidement on doit utiliser des leurres conçus pour cet usage et à ce chapitre rien ne peut battre les cuillères au profil mince et allongé comme les Dartee de Williams ou les Mooselook Wobbler. Ces leurres sont conçus pour être traînés rapidement à faible profondeur sans vriller le fil. Si vous trouvez qu’ils ne s’enfoncent pas suffisamment sous l’eau, vous pouvez les devancer d’un ou deux petits plombs billes.

Deux type de cuillères parfaites pour pêcher la mouchetée à la traine à bonne vitesse.

Utiliser un bas de ligne assez court

De pair avec une présentation relativement rapide, je vous suggère aussi d’utiliser un court bas de ligne de 12 à 18 po maximum. En effet si en condition de canicule au milieu de l’été, lorsque les truites redeviennent lentes et amorphes on doit allonger son bas de ligne, c’est tout le contraire dans le « Prime Time » du printemps. Les truites sont en chasse et très excitées par l’attracteur devant l’appât. Il est alors beaucoup plus efficace de rapprocher l’appât de la cuillère pour obtenir un maximum de touches.

Exemple d’un bas de ligne parfait pour la pêche à la truite en début de saison.

Exploiter en priorité les zones peu profondes

Lorsque la température de l’eau est idéale pour la mouchetée cette dernière ne ressent pas le besoin de s’enfoncer en profondeur pour être confortable. Elle peut alors se déplacer partout dans le lac et se nourrir où bon elle peut trouver ses proies. Même s’il y a des exceptions, normalement les truites se retrouveront alors à relativement faible profondeur moins de 3 m (10 pi) et souvent près ou sous des obstacles comme des arbres renversés dans l’eau ou encore près des restants d’herbes aquatiques sur les hauts fonds.

Oser remplacer le ver de terre par un leurre de plastique souple aux teintes agressives.

Loin de moi l’idée de vous dire que les vers de terre ne sont pas efficaces pour prendre de beaux ombles de fontaine. C’est probablement le meilleur appât disponible pour tromper Dame mouchetée et particulièrement lorsqu’elle est capricieuse. Toutefois vous devez savoir que le ver de terre n’est pas le seul leurre qui permet de la déjouer. Personnellement je dois avouer que j’utilise assez rarement les vers de terre (sauf quand la pêche est très difficile) et je les remplace plutôt par des mini leurres de plastique souple. Plusieurs compagnies dont Mister Twister avec ses Micro écrevisses, Nymphe, Sassy Stingum, Vie Shiner et Teenie proposent des leurres très efficaces comme remplacement au ver de terre. Certains de ces leurres peuvent aussi être utilisés avec une toute petite tête de dandinette de 1/16 oz et être pêché à la jig comme on le ferait au doré. Sincèrement cette dernière technique est d’une efficacité redoutable lorsque les truites s’activent. Et l’avantage des leurres de plastique souple c’est que contrairement au ver de terre qui est limité à la couleur brune, ils sont disponibles dans une panoplie de teintes qu’il vaut souvent la peine d’essayer pour jouer sur le côté agressif des truites en chasse.

Différents types de leurres de plastique souple pouvant être utilisés pour remplacer le bon vieux ver de terre.

Voilà! En espérant que ces quelques conseils vous permettront de connaître du succès ce printemps et de vous payer quelques bons snack de truites… 

L’auteur avec une belle mouchetée capturée au printemps avec un petit leurre de plastique à la place du ver de terre.

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